Article 1 : Préambule
Le cabinet J.CAUSSE ET ASSOCIES, conscient des évolutions technologiques majeures portées par l'intelligence artificielle, affirme sa volonté de demeurer précurseur dans l'évolution de son offre de services et dans la performance qu'il apporte à ses clients comme à ses collaborateurs. Fort de ses 170 collaborateurs et 12 associés, et de ses missions diversifiées en expertise comptable, audit, social et conseil, le cabinet considÚre l'IA comme un outil indispensable du quotidien, au service de l'innovation, de la qualité des prestations et de l'amélioration continue de l'efficacité opérationnelle des équipes.
Cette démarche proactive s'inscrit dans un cadre de maßtrise des risques et de responsabilité. La confiance de nos clients et la fiabilité de nos productions demeurent notre priorité absolue. L'adoption de l'IA doit impérativement respecter nos obligations déontologiques et contractuelles, notamment en matiÚre de secret professionnel et de protection des données.
La présente charte a pour objet de définir les rÚgles d'utilisation des outils d'intelligence artificielle au sein du cabinet. Elle vise à fournir un cadre clair et sécurisé pour tous les collaborateurs, afin de promouvoir une utilisation innovante, éthique et maßtrisée de l'IA. Elle constitue le socle de notre gouvernance en la matiÚre, pilotée par le binÎme Associé-Référent et DSI.
Article 2 : Champ d'application
Cette charte s'applique à l'ensemble des personnes amenées à utiliser des outils d'intelligence artificielle dans le cadre de leurs activités professionnelles au sein du cabinet, notamment :
- Les associés, collaborateurs permanents et temporaires
- Les stagiaires et alternants
- Les prestataires externes intervenant dans le cadre de missions
- Les partenaires ayant accĂšs aux outils IA du cabinet
Elle couvre l'utilisation de tous les outils d'intelligence artificielle, qu'ils soient :
- Fournis et gérés par le cabinet (outils internes ou licences professionnelles)
- Utilisés dans un contexte professionnel via un compte personnel (sous réserve de conformité)
- Intégrés dans des applications métiers ou des plateformes tierces (Pennylane, Cegid, etc.)
Article 3 : Définitions
Intelligence artificielle (IA)
Ensemble de technologies permettant à des systÚmes informatiques de réaliser des tùches nécessitant traditionnellement l'intelligence humaine : apprentissage, raisonnement, perception, compréhension du langage naturel, prise de décision.
IA générative
Sous-catĂ©gorie de l'IA capable de crĂ©er du contenu nouveau (texte, images, code, tableaux) Ă partir de donnĂ©es d'entraĂźnement. Exemples : ChatGPT, Claude, Microsoft CopilotâŠ
IA non générative
SystÚmes d'IA conçus pour analyser, classer, prédire ou recommander sans créer de nouveau contenu. Exemples : détection d'anomalies dans les FEC, analyse prédictive, moteurs de recommandation.
DonnĂ©es sensibles â contexte cabinet
Dans le contexte du Cabinet J.CAUSSE & ASSOCIES, les données sensibles incluent notamment :
- Données couvertes par le secret professionnel (Art. 226-13 du Code pénal) : informations financiÚres, comptables, fiscales et juridiques des clients
- Données personnelles identifiantes (dirigeants, salariés, associés) soumises au RGPD
- Données relevant du secret des affaires : stratégie, contrats, données de valorisation
- Données d'audit : procédures, conclusions, lettres de mission CAC
- Informations confidentielles sur la situation financiÚre des clients (liasses fiscales, FEC, bilans non publiés)
Article 4 : PérimÚtre et outils autorisés
L'utilisation de l'intelligence artificielle au sein du cabinet est strictement limitée aux outils et plateformes validés et autorisés par la direction. Cette approche par « liste blanche » vise à garantir la sécurité, la conformité et la maßtrise des technologies employées.
Processus de sélection et de validation de nouveaux outils
Toute proposition d'un nouvel outil d'IA doit ĂȘtre soumise au rĂ©fĂ©rent IA pour une analyse technique et de sĂ©curitĂ©. La dĂ©cision finale d'autorisation est prise par l'AssociĂ©-RĂ©fĂ©rent IA aprĂšs Ă©valuation des risques et de la valeur ajoutĂ©e pour le cabinet.
CritÚres d'évaluation
- Sécurité des données. Hébergement (UE/hors UE), politique de confidentialité, possibilité de désactiver l'utilisation des données pour l'entraßnement du modÚle (opt-out).
- Conformité réglementaire. Respect du RGPD et des obligations professionnelles.
- Fiabilité et performance. Qualité des résultats, transparence du fonctionnement.
- Intégration. Capacité à s'intégrer dans les flux de travail existants.
- Coût et valeur ajoutée. Analyse du rapport bénéfice/risque/coût.
AccĂšs aux outils IA payants
L'accĂšs Ă tout outil d'intelligence artificielle donnant lieu Ă un abonnement ou un coĂ»t unitaire est subordonnĂ© Ă une validation prĂ©alable par un associĂ© rĂ©fĂ©rent. Aucun abonnement IA ne peut ĂȘtre souscrit sur note de frais ou carte personnelle sans cette validation prĂ©alable.
Article 5 : Classification des usages (Feu tricolore)
Pour encadrer l'utilisation de l'IA de maniÚre pragmatique, les usages sont classifiés en trois niveaux de risque, représentés par un code couleur. Chaque collaborateur doit impérativement identifier dans quelle zone se situe son besoin avant d'utiliser un outil d'IA.
đŽ ROUGE â INTERDIT
Risque ĂlevĂ©. Usages prĂ©sentant un risque inacceptable pour la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es, la conformitĂ© rĂ©glementaire ou l'intĂ©gritĂ© de nos missions.
- Transmettre des données clients (nom, SIREN, bilan, liasse fiscale...) ou des informations confidentielles du cabinet à une IA publique.
- Fonder une décision d'audit ou un conseil stratégique uniquement sur la réponse d'une IA.
- Utiliser l'IA pour générer une opinion dans un rapport de commissariat aux comptes.
đ ORANGE â SOUS CONDITIONS
Risque Modéré. Usages autorisés à condition de respecter des mesures de protection strictes.
- Utiliser une IA publique pour une recherche générale sans aucune donnée sensible.
- Reformuler une note interne non-confidentielle.
- Utiliser les fonctions IA de Pennylane ou Copilot sur des données clients, à condition que le résultat soit vérifié et validé par un professionnel compétent.
đą VERT â AUTORISĂ
Risque Faible. Usages à faible risque, encouragés pour améliorer la productivité.
- Utiliser Microsoft Copilot, Geremy, Noota ou Manus pour résumer une réunion interne, rédiger un e-mail, analyser des chiffres dans Excel.
- Utiliser les fonctions natives de Pennylane IA dans le respect de leur usage prévu par l'éditeur.
- Se former aux outils d'IA en utilisant des données fictives ou publiques.
Article 6 : RÚgles de protection des données
La protection des données confiées par nos clients et le respect du secret professionnel sont des obligations non négociables. L'utilisation de l'IA doit se faire dans le respect le plus strict de ces principes.
Principe n°1 â ZĂ©ro donnĂ©e client ou confidentielle dans les IA publiques
Il est formellement et sans exception interdit de soumettre, copier-coller ou téléverser une quelconque information permettant d'identifier un client (nom, raison sociale, SIREN), un de ses salariés, ou contenant des données chiffrées (bilans, bulletins de paie, etc.) ou stratégiques dans une IA publique.
Principe n°2 â Anonymisation systĂ©matique et respect du RGPD
Toute utilisation d'IA impliquant des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel doit ĂȘtre conforme au RĂšglement GĂ©nĂ©ral sur la Protection des DonnĂ©es. Pour tout usage relevant de la zone orange, les informations doivent ĂȘtre entiĂšrement anonymisĂ©es.
Principe n°3 â Utilisation des environnements sĂ©curisĂ©s
Les outils classés en zone verte (Microsoft Copilot, Manus, Pennylane IA, Geremy, Noota) sont autorisés pour le traitement de données professionnelles, y compris des données clients, car ils offrent des garanties contractuelles de sécurité et de confidentialité.
Principe n°4 â DĂ©sactivation de l'entraĂźnement des modĂšles (Opt-Out)
Pour tout outil d'IA qui le permet, chaque collaborateur a l'obligation de configurer les paramÚtres de son compte pour désactiver l'historique des conversations et refuser l'utilisation de ses données pour l'entraßnement des modÚles.
Principe n°5 â ConformitĂ© Ă l'AI Act europĂ©en
Le RĂšglement europĂ©en sur l'IA (AI Act) Ă©tablit une classification des systĂšmes IA par niveau de risque. Une attention particuliĂšre est portĂ©e aux usages potentiellement classifiĂ©s Ă risque Ă©levĂ© â notamment tout systĂšme IA utilisĂ© pour assister une dĂ©cision ayant un impact significatif sur un tiers.
Principe n°6 â HĂ©bergement et souverainetĂ© des donnĂ©es
Les outils validés par le cabinet (ChatGPT Entreprise, Claude Team, Microsoft Copilot via tenant M365) garantissent contractuellement la non-réutilisation des données saisies pour l'entraßnement des modÚles.
Article 7 : Responsabilités et validation
L'intelligence artificielle est un outil d'assistance : elle ne se substitue en aucun cas au jugement, à l'expertise et à la responsabilité du professionnel.
Principe n°1 â Le collaborateur est seul responsable
Chaque collaborateur est l'auteur et le responsable final de ses productions, y compris celles générées avec l'assistance d'une IA. Le collaborateur doit systématiquement exercer son esprit critique, vérifier la pertinence, l'exactitude et la cohérence des résultats produits par l'IA avant de les utiliser.
Principe n°2 â ChaĂźne de validation et supervision
Tout travail intĂ©grant une production issue d'une IA doit suivre le processus de validation habituel du cabinet. Pour les missions d'expertise comptable et d'audit, l'utilisation d'une IA doit ĂȘtre documentĂ©e dans le dossier de travail.
Principe n°3 â Droit Ă l'erreur de l'IA, devoir de contrĂŽle de l'humain
Le cabinet reconnaßt que les outils d'IA ne sont pas infaillibles. Cependant, se fier aveuglément à une réponse de l'IA sans la contrÎler constitue une faute professionnelle. Le devoir de supervision humaine est absolu.
Principe n°4 â Ăthique et non-discrimination
Les contenus ou décisions produits par l'IA ne doivent comporter ni reproduire de stéréotypes ou biais discriminatoires. Une vigilance particuliÚre est exercée sur les usages susceptibles d'affecter l'évaluation de personnes physiques.
Principe n°5 â Respect de la propriĂ©tĂ© intellectuelle
Les utilisateurs veillent à ce que les contenus générés respectent le droit d'auteur, les licences applicables et les droits des tiers.
Principe n°6 â SobriĂ©tĂ© numĂ©rique
L'utilisation de l'IA doit ĂȘtre proportionnĂ©e aux besoins rĂ©els. Les collaborateurs sont invitĂ©s Ă privilĂ©gier des usages efficients en limitant les itĂ©rations superflues.
Article 8 : Transparence client
La confiance de nos clients repose sur une communication transparente. Il est important de les informer de notre démarche d'innovation et de la maniÚre dont nous utilisons les nouvelles technologies pour améliorer la qualité de nos services.
Principe â Information gĂ©nĂ©rale via la lettre de mission
PlutÎt que de demander une autorisation pour chaque usage, nous intégrons une clause d'information générale dans nos lettres de mission.
Clause à intégrer dans les lettres de mission
Utilisation des technologies et outils d'intelligence artificielle
Dans le cadre de sa démarche d'amélioration continue et afin d'optimiser la qualité et l'efficacité de ses prestations, le cabinet J.CAUSSE ET ASSOCIES a recours à des logiciels et plateformes technologiques avancés. Ces outils, qui peuvent inclure des systÚmes d'intelligence artificielle, sont utilisés comme une aide à la production et au contrÎle dans le respect de nos obligations de secret professionnel.
Le cabinet garantit que les outils utilisés pour le traitement des données de ses clients offrent des garanties de sécurité et de confidentialité conformes au RGPD et aux normes professionnelles. Aucune donnée confidentielle n'est utilisée pour l'entraßnement de modÚles d'IA publics.
Transparence et explicabilité
Lorsqu'un contenu est gĂ©nĂ©rĂ© ou significativement assistĂ© par l'IA, cela doit pouvoir ĂȘtre indiquĂ© clairement, notamment en cas de diffusion externe ou de livrable client. Les collaborateurs doivent comprendre les limites des outils qu'ils emploient et en informer les clients lorsque cela est pertinent.
Article 9 : Gouvernance et révision
L'intelligence artificielle est un domaine en évolution rapide. La présente charte n'est pas un document figé, mais le socle d'une gouvernance dynamique et adaptative.
Principe n°1 â Pilotage par le RĂ©fĂ©rent IA
La gouvernance de l'IA au sein du cabinet est assurée par le binÎme composé de l'Associé-Référent et du DSI. Leurs missions incluent :
- Animer la démarche IA : Promouvoir les bonnes pratiques, organiser des sessions de formation et d'information
- Ătre le point de contact : RĂ©pondre Ă toute question des collaborateurs
- Assurer la veille technologique et réglementaire : Suivre les évolutions des outils et des lois
- Gérer la liste blanche : Instruire les demandes de nouveaux outils et maintenir à jour la liste des solutions autorisées
Principe n°2 â RĂ©vision annuelle
La charte fera l'objet d'une révision formelle au minimum une fois par an, sous la responsabilité du Référent IA.
Principe n°3 â Gestion des incidents
Tout incident ou suspicion d'incident liĂ© Ă l'utilisation de l'IA doit ĂȘtre immĂ©diatement signalĂ© au DSI et Ă l'associĂ© rĂ©fĂ©rent. Une analyse sera menĂ©e pour comprendre les causes et mettre en place les actions correctives nĂ©cessaires.
Principe n°4 â Formation continue
Le cabinet s'engage à assurer une formation continue de ses collaborateurs sur les enjeux, les opportunités et les risques liés à l'intelligence artificielle.
Article 10 : Cas d'usage et bonnes pratiques métier
Expertise comptable
- Rédaction assistée de lettres de mission, rapports de gestion, notes de synthÚse (usage Vert si aucune donnée client nominative)
- Analyse et revue de FEC aprĂšs pseudonymisation des identifiants clients (usage Orange)
- Assistance Ă la prĂ©paration des liasses fiscales et dĂ©clarations â avec vĂ©rification humaine obligatoire
- Génération de rapports types, modÚles de courriers, supports de présentation client
- Veille fiscale et réglementaire assistée (Loi de Finances, normes comptables ANC)
Commissariat aux comptes
- Assistance à la documentation des dossiers d'audit (mémos, notes de procédure) sur données anonymisées
- Support Ă la rĂ©daction de rapports CAC types â le rapport final restant sous la responsabilitĂ© exclusive du CAC signataire
- Analyse assistĂ©e d'indicateurs de continuitĂ© d'exploitation (NEP 570) â avec jugement professionnel renforcĂ©
- Interdiction formelle de soumettre des données d'audit nominatives à un outil IA externe non certifié
Productivité interne
- Rédaction et synthÚse de documents internes, emails, comptes-rendus de réunion
- Traduction de contenus professionnels
- Assistance Ă la programmation (macros Excel, scripts Power Automate)
- Brainstorming, structuration d'idées, préparation de supports de formation
Annexe 1 : Outils autorisés et conditions d'usage
Liste des outils validés à la date de la charte (février 2026) :
Annexe 2 : Processus de validation d'un nouvel outil IA
Avant toute utilisation d'un outil IA non listĂ© en Annexe 1, le processus suivant doit ĂȘtre respectĂ© :
Ătape 1 â Expression du besoin
Le collaborateur ou manager formalise le besoin auprÚs de la DSI en précisant : l'objectif et les cas d'usage visés, le type de données qui seront traitées, les bénéfices attendus et les risques potentiels, le nombre d'utilisateurs concernés.
Ătape 2 â Ăvaluation technique (DSI)
La DSI évalue l'outil sur : la sécurité et la conformité aux standards du cabinet, les modalités d'hébergement des données (localisation, souveraineté), la compatibilité avec l'environnement Microsoft 365 / Azure, les coûts et le modÚle de licence.
Ătape 3 â Analyse de conformitĂ©
Vérification de la conformité RGPD (notamment absence de réentraßnement sur les données saisies), des CGU du fournisseur, des droits de propriété intellectuelle sur les contenus générés, et de la nécessité d'une AIPD si des données clients sont impliquées.
Ătape 4 â DĂ©cision
Sur la base des évaluations techniques et de conformité, une décision est prise par l'associé référent : validation complÚte, validation conditionnelle (usage restreint, données anonymisées uniquement), ou refus avec proposition d'alternative.
Ătape 5 â DĂ©ploiement et communication
En cas de validation : formation des utilisateurs concernés, communication sur les conditions d'usage, mise à jour de l'Annexe 1, mise en place d'un suivi d'usage. Délai cible : 10 jours ouvrés pour une demande standard.
Annexe 3 : Matrice des responsabilités (RACI)
La matrice de responsabilité définit les rÎles de chacun dans la gouvernance IA :
- A (Autorité) : Prend la décision finale
- R (Responsable) : Responsable de la réalisation
- C (ConsultĂ©) : Doit ĂȘtre consultĂ© avant dĂ©cision
- I (InformĂ©) : Doit ĂȘtre informĂ© des dĂ©cisions
| Activité |
Associés |
DSI |
Référents IA |
Chef de mission |
Collaborateurs |
| Définir la stratégie IA | A | C | C | I | I |
| Valider un nouvel outil IA | A | R | C | I | I |
| Gérer la liste blanche | I | R | C | I | I |
| Former les collaborateurs | I | C | R | C | I |
| Utiliser l'IA au quotidien | I | I | C | C | R |
| Signaler un incident IA | I | A | R | R | R |
| Réviser la charte annuellement | A | C | R | C | I |